Au rythme où nos contextes politiques et épistémiques gagnent en complexité, le domaine de l'évaluation et ses praticien•nes doivent trouver le moyen de s'adapter. Le comité d'organisation du congrès C2027 a le grand plaisir de dévoiler le thème de l'événement, conçu précisément à cette fin : « Agrandir l'évaluation ».
Rejoignez-nous au congrès national 2027 de la SCÉ dans un voyage inspirant dans le monde de l'évaluation. Notre thème, « Agrandir l'évaluation : diversité de voix, méthodes plus variées et impact concret », nous invite à approfondir ce que signifie mener un travail d'évaluation significatif et ayant un impact. Préparez-vous à soumettre vos propositions de présentation; le système de propositions ouvrira le 9 novembre 2026.
Le domaine de l’évaluation est riche de diversité, rassemblant des personnes aux parcours, expériences et méthodes de travail variés. Alors que le domaine évolue pour appréhender des programmes et des réalités complexes, nous devons élargir notre conception de l’évaluation en favorisant un meilleur croisement des paradigmes, des concepts et des méthodes dans le respect de l’intégrité et des protocoles propres à chacun; nous devons aussi mobiliser des expertises spécialisées, tant au sein de notre communauté qu’à l’extérieur. Cela implique une collaboration active avec les spécialistes de la conception de programmes, les bailleurs de fonds, les experts du domaine, les communautés bénéficiaires (dont les priorités doivent être reflétées par ces programmes et services) ainsi que les participant•es ou usager•ères. Ainsi, nous pourrons mettre en commun nos expertises et relever ensemble les défis qui se présentent.
Une conception plus inclusive et interdisciplinaire du terme « évaluation » soulève également des questions cruciales : qui réalise l’évaluation et comment? Elle attise de plus les interrogations quant à savoir qui décide de ce qui constitue une « évaluation » et qui détermine si les évaluations sont « bonnes » dans divers contextes. Répondre à ces questions demeure un défi constant dans le cadre de la professionnalisation, un défi que les évaluateur•trices ne peuvent relever seul•es.
En bref : l’expansion et l’évolution du domaine peuvent exacerber, plutôt que trancher, les grandes questions auxquelles sont confronté•es les évaluateur•trices et les personnes que nous servons. Qui sommes-nous en tant que professionnel•es de l’évaluation? Qu’est-ce qui définit une évaluation de « qualité »? Quelles théories guident notre travail, et pourquoi? À quelles fins l’évaluation répond-elle réellement?
C2027 invite les congressistes à définir ensemble les éléments essentiels au renouvellement et à la transformation de l'évaluation, afin qu'elle joue un rôle positif et exerce un impact marqué au sein de la société.
Le congrès C2027 abordera ces questions à travers trois sous-thèmes :
Sous-thème 1 : Communauté d'évaluation élargie : qui constitue l'évaluation
Ce sous-thème explore la composition actuelle de la communauté de l’évaluation — incluant les évaluateur•trices, les commanditaires, les bailleurs de fonds, les utilisateur•trices des évaluations et les spécialistes sectoriels — ainsi que les rôles joués. Nous examinerons comment les différents parcours professionnels et éducatifs ainsi que les intitulés de poste façonnent nos méthodes de travail; nous aborderons également l'influence des dynamiques systémiques de pouvoir et de privilège au sein de notre communauté, notamment les obstacles et les voies d'accès qui déterminent qui fait de l'évaluation et pourquoi. Les échanges porteront sur la création de partenariats entre professions, sur l'identification des nouvelles compétences requises pour les évaluateur•trices (tout en distinguant celles qui nous sont propres) et sur l'évolution de notre discipline pour cultiver et servir une communauté élargie. Nous invitons également à s'exprimer les personnes qui commanditent, financent et utilisent les évaluations, car leurs points de vue sont essentiels au développement de la communauté.
Sous-thème 2 : Méthodes plus variées : repenser la démonstration et les outils
L’évaluation intègre de plus en plus de techniques issues de domaines connexes — tels que les sciences des données, la vérification, la recherche et la mesure du rendement — ainsi qu’un éventail plus large de modes de connaissance autochtones et adaptés aux réalités culturelles. Ce sous-thème examine les frontières entre l’évaluation et les autres disciplines, nous offrant l’occasion d’explorer de nouveaux outils, de tester des méthodes hybrides et de repenser la manière dont les données probantes sont commandées, financées, conceptualisées et produites, ainsi que les acteurs qui en sont responsables. Pour certaines communautés, des décennies de production de « données probantes » n’ont pas porté fruit; ce sous-thème invite donc à se demander quelles données probantes comptent, quels modes de connaissance sont privilégiés et qui assure la gouvernance des données.
Sous-thème 3 : Impact concret : donner tout son sens à l'évaluation
Nous examinons ici de près les apports réciproques de l’évaluation et de la pensée évaluative pour les organisations et les politiques publiques. C’est à ce stade que sont mis à l’épreuve les deux premiers sous-thèmes : l’élargissement de la communauté et l’enrichissement de la boîte à outils sont jugés précieux lorsqu’ils permettent de réaliser des évaluations qui orientent mieux la prise de décision, renforcent la reddition de comptes et favorisent l’apprentissage. Nous montrerons comment l’évaluation et la pensée évaluative peuvent offrir des avantages équilibrés et réciproques aux commanditaires, aux entités évaluées ainsi qu’aux communautés et aux détenteurs de droits qu’elles sont censées servir, au profit de la collectivité et de l’intérêt général. Nous cherchons également à comprendre les conditions politiques, institutionnelles et paradigmatiques qui favorisent ou entravent l’utilisation de l’évaluation par les mêmes qu’elle est censée servir. Nous encourageons tout particulièrement la présentation d’exemples illustrant la contribution de l’évaluation à la justice écologique et sociale, à la souveraineté autochtone et à l’édification des nations, ainsi qu’aux droits et au bien-être des personnes, des peuples et de la nature dans son ensemble — y compris les cas où cet élargissement s’est avéré bénéfique et ceux où il a pu poser des défis.