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L'évaluation «nbsp;qualitative » des politiques publiques exige un traitement impartial des parties prenantes aux interventions évaluées. Par contre, la justification des politiques symboliques exige la formulation de conclusions favorables au maintien des politiques en place. Ces pressions contradictoires peuvent amener les évaluateurs à favoriser certains points de vue plus que d'autres. On peut illustrer ce problème en examinant un cas précis d'évaluation qualitative, celle des Mesures de relance, un programme québécois visant la réinsertion des assistés sociaux. Alors que dereux groupes étaient associés à cette intervention, seuls les bénéficiaires ont été consultés en profondeur. Puisqu'une composante importante du programme –les Stages en milieu de travail- ne fonctionnait que grâce à la collaboration des employeurs, il aurait semblé logique que ces derniers soient asociés à l'évaluation. Cependant, leur participation aurait pu empêcher la formulation des conclusions souhaitées par les évaluateurs, notamment celle que le programme pourrait réussir si certaines améliorations étaient apportées. L'analyse de ce cas amène à la conclusion que l'évaluation qualitative n'est utile que dans la mesure où elle tient vraiment compte de l'ensemble des parties prenantes d'une intervention. L'article est suivi d'une brève critique par Dale H. Poel qui soutient que ce sont les évaluateurs, plutôt que la méthode qualitative elle-même, qui sont à l'origine de la partialité politique. L'auteur répond brièvement à cette critique.

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