Kaireen Chaytor

Gagnante, Prix pour la contribution à l'évaluation au Canada, 2003

Discours d'acceptation de Kaireen Chaytor à la suite de la réception du Prix de la Société canadienne d'évaluation pour les contributions à la théorie et à la pratique de l'évaluation au Canada, Vancouver, 3 juin 2003

Merci. C'est un honneur pour moi d'être reconnue par mes pairs. Merci à la Section de la Nouvelle-Écosse d'avoir proposé ma candidature.

Oui, j'ai passé beaucoup de temps à repousser les frontières de l'évaluation — par la promotion, l'encouragement et même les pressions. Qu'il s'agisse d'amener un organisme ou des fonctionnaires à participer à l'apprentissage, de se battre pour obtenir un budget d'évaluation pour un projet ou de convaincre des amis de présenter leurs travaux à des conférences comme celle-ci. Le fait de constamment repousser les frontières fait parfois de vous un indésirable, donc c'est gratifiant quand vos proches reconnaissent que vos efforts étaient nécessaires pour faire une différence.

J'aimerais prendre une minute pour vous parler de ce qui, selon moi, constitue un moment intéressant pour l'évaluation en Nouvelle-Écosse. Je crois que c'est la première fois que le prix est décerné à quelqu'un du Canada Atlantique, donc nous devons profiter de cette occasion.

Une nouvelle loi provinciale, The Act to Restructure Government, introduite il y a environ deux ans, nous incite à maximiser la valeur de nos dépenses. En même temps, notre gouvernement provincial a conclu un contrat intéressant avec l'Université Dalhousie pour offrir une maîtrise en Administration publique spécialement à l'intention des fonctionnaires provinciaux. Les deux derniers cours que prennent les étudiants sont des cours d'évaluation de programme et de gestion des ressources humaines. Aucune relation!! Plusieurs participants au programme travaillent maintenant pour notre Treasury and Policy Board provincial et n'ont aucun mandat de promouvoir l'évaluation pour toutes les initiatives. Un des diplômés du programme de MAP est responsable de développer une capacité d'évaluation au sein du gouvernement provincial et il siège au sein de l'exécutif de la Section de la Nouvelle-Écosse de la SCÉ. Nous avons en place un service intensif d'évaluation à l'interne en cours actuellement. On envisage aussi d'offrir une formation aux cadres dans un autre ministère confirmé. Le sous-ministre du Treasury and Policy Board viendra s'adresser à l'auditoire dans le cadre de l'AGA de notre Section. J'avais parfois l'impression que les progrès étaient très lents, mais maintenant je vois un merveilleux lien s'établir entre plusieurs éléments et je suis très encouragée par le rôle de l'évaluation dans la gestion du secteur public.

Je fais partie de la Société canadienne d'évaluation depuis un certain nombre d'années. Je vous félicite pour vos merveilleuses initiatives qui servent à promouvoir l'évaluation et qui aident ceux qui travaillent dans le domaine. Il y a encore beaucoup à faire et j'espère qu'on pourra concentrer nos énergies sur ce qui est important pour les membres.

Je n'ai pas pris ma retraite. Vous ne vous êtes pas débarrassés de moi, donc j'aimerais parler brièvement d'un point qui selon moi mérite une attention plus poussée de la part de la SCÉ. Je veux vous quitter avec une seule idée. Comme je l'ai mentionné dans l'introduction, j'enseigne l'évaluation dans un certain nombre de cadres. Ce n'est pas un sujet facile à enseigner. C'est un peu comme essayer d'embrasser une pieuvre. Il y a du travail à faire au niveau de l'enseignement de l'évaluation et j'encourage la SCÉ à assumer un rôle accru à ce chapitre. Pendant ce congrès, j'ai eu de nombreuses conversations sur le besoin d'augmenter le rôle de l'enseignement, de l'apprentissage et du renforcement des capacités d'évaluation. J'aimerais voir une conférence qui porte uniquement sur l'enseignement de l'évaluation et qui réunit des intervenants provenant de plusieurs milieux différents. J'ai soulevé ce point à l'AEA quand j'ai participé à une présentation sur un projet de recherche sur les études supérieures. À cette conférence, j'ai parlé avec Harry Cummings et Brad Cousins et les deux étaient d'avis que je devrais m'entretenir avec Anita Myers au sujet de la rédaction d'une proposition pour un organisme de financement comme la Fondation Kellogg. Réfléchissez-y.

Lors du panel de ce matin sur l'analyse de la situation de l'évaluation de programme — que j'ai d'ailleurs trouvé excellent — j'ai senti qu'il y avait considérablement de preuves pour appuyer l'accent qu'on place sur l'enseignement et l'apprentissage de l'évaluation. Plusieurs panelistes ont parlé du besoin, pour les cadres, de tourner leur attention vers la fonction d'évaluation, surtout que c'est maintenant exigé par tous les paliers de gouvernement et les organismes de financement. Je crois que nous pouvons « faire une différence » si nous pouvons améliorer les stratégies et les occasions d'enseignement et d'apprentissage.

Donc, bien que nous ayons parcouru beaucoup de chemin au cours des dernières années, il y a encore beaucoup à faire. Plusieurs d'entre vous méritent ce prix. Merci encore de m'avoir sélectionnée cette année.