Volume 33, 2018 - Automne

Editor's Remarks / Un mot de la rédactrice

Auteurs :
Pages :
v-vii

Au moment de passer en revue tous les articles inclus dans le présent numéro de la RCÉP, j’ai constaté que chacun d’eux, à sa façon, traite de personnes, d’organisations et de groupes. Je n’en suis pas surprise, puisque notre travail d’évaluateurs et évaluatrices nous met constamment en contact avec des parties prenantes, des clients, des gestionnaires et des bénéficiaires. Ce lien entretenu avec autrui définit fréquemment notre travail et nous distingue d’autres disciplines. Pour commencer, Carman et Fredericks nous proposent un article sur l’analyse des réseaux sociaux, une approche de plus en plus utilisée dans notre domaine. Elles nous décrivent la façon, le moment et les conditions d’utilisation de l’analyse des réseaux sociaux dans un contexte d’évaluation, en plus de nous résumer des exemples pratiques, qui illustrent le potentiel de cette approche mais aussi les défi s qui y sont associés.

Je suis aussi heureuse de présenter un segment thématique, que j’ai dirigé en collaboration avec Marthe Hurteau, sur la participation des parties prenantes à l’évaluation, qui fait suite à un colloque sur le sujet tenu en 2016. Comme évaluateurs et évaluatrices, nous apprenons constamment comment mieux inclure les parties prenantes à notre travail, et les quatre articles inclus dans ce segment offrent de nouvelles perspectives à ce sujet, tirées de la recherche et de la pratique.

Applications of Social Network Analysis in Evaluation: Challenges, Suggestions, and Opportunities for the Future

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Pages :
175-187

Avec la croissance de l’utilisation, en évaluation, de l’analyse des réseaux sociaux, il est important de comprendre quand, comment, et dans quelles conditions l’analyse des réseaux sociaux apporte une valeur ajoutée. Dans le présent article, nous décrivons la façon dont nous avons utilisé l’analyse des réseaux sociaux dans le cadre de divers projets d’évaluation. À partir de l’expérience d’un projet particulier, nous décrivons, de façon détaillée, certains des défis auxquels nous avons fait face, notamment en ce qui concerne la nécessité, pour les parties-prenantes, de comprendre la valeur ajoutée de l’analyse des réseaux sociaux, les complexités du codage et du nettoyage des données et les implications des changements dans la taille et la portée du projet. Finalement, nous faisons quelques suggestions pratiques pour les évaluateurs qui pensent inclure l’analyse des réseaux sociaux dans leurs travaux actuels et nous identifions des pistes, pour les évaluateurs, pour l’utilisation future de ce type d’analyse.

Special Section: Stakeholder Involvement in Evaluation / Implication des parties prenantes en évaluation

Auteurs :
Pages :
188

En mai dernier, l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) était l’hôte d’un colloque sur la place et le rôle des parties prenantes au sein de la pratique évaluative (Montréal, mai 2016). Plusieurs théoriciens et praticiens ont répondu à l’appel et leurs diverses présentations ont été l’occasion de s’informer sur leurs dernières recherches et réflexions ainsi que d’engager un riche dialogue. Trois présentateurs ont décidé de donner suite à cette journée en soumettant un article que nous regroupons dans le présent numéro de la Revue. Il s’agit de Marie-Pier Marchand, de Diane Dubeau et collaborateurs ainsi que de Sylvain Houle et collaborateurs.

Plus précisément, Marie-Pier Marchand revisite le thème de l’implication des parties prenantes en effectuant un survol de la littérature existante à ce jour. Pour sa part, Diane Dubeau et ses collaborateurs documentent les conditions gagnantes favorisant cette participation en décrivant deux modalités différentes, soit la recherche-action et l’accompagnement soutenu et efficace. Finalement, Sylvain Houle et ses collaborateurs traitent de la dimension relationnelle au sein de la démarche évaluative en introduisant le concept de sagesse pratique.

Nous espérons que cette brève présentation des trois articles saura susciter votre curiosité.

Bonne lecture!

Où en sommes-nous avec l’implication des parties prenantes?

Auteurs :
Pages :
189-201

Cet article s’intéresse à la question de l’implication des parties prenantes à partir d’un survol de la littérature existante dans le domaine de l’évaluation. L’article permet de mieux définir les dimensions essentielles liées à cette thématique, notamment en abordant le concept de parties prenantes et en discutant des différentes approches favorisant leur implication, des diverses formes sous lesquelles apparaît cette implication ainsi que des critères conduisant à leur sélection. L’auteure tente d’y mettre en exergue la valeur ajoutée du recours à une démarche évaluative impliquant les parties prenantes, tout en exposant les enjeux reliés à un tel exercice.

Les conditions gagnantes et les défis pour une participation active des parties prenantes dans un contexte d’évaluation de programmes d’intervention psychosociale

Auteurs :
Pages :
202-222

Afin d’optimiser l’adéquation, l’utilisation et l’appropriation d’une démarche évaluative qui se veut souvent coûteuse en matière de temps et d’argent, on encourage de plus en plus une participation active des diverses parties prenantes impliquées (Cousins et Chouinard, 2012). Au-delà de cette orientation se dessinent des enjeux de taille portant sur la sélection et le degré de participation de ces parties prenantes, tout comme il en est des obstacles et des conditions qui facilitent leur participation (Hurteau, Houle et Marchand, 2012). Dans un premier temps, cet article s’appuie sur l’évaluation du service Relais-Pères, réalisée dans le cadre d’une recherche-action menée sur plus de dix ans, afin de préciser ces conditions gagnantes et les défis rencontrés dans une perspective de pérennisation de ce service. Dans un deuxième temps, une attention plus spécifique sera accordée aux particularités liées à l’accompagnement d’une démarche évaluative dans un souci d’appropriation par les partenaires de cette démarche.

L’évaluateur et la sagesse pratique : vecteurs essentiels pour assurer la crédibilité de l’évaluation

Auteurs :
Pages :
223-235

Le présent article revisite les données recueillies dans le cadre d’une recherche antérieure conduite par Hurteau et Houle (2008). À l’époque, les chercheurs n’avaient pas été en mesure de détailler la contribution des compétences personnelles de l’évaluateur au pilotage d’une évaluation dont les résultats sont acceptables pour les parties prenantes et d’en effectuer une analyse exhaustive, faute d’un cadre théorique adéquat. En introduisant le concept de sagesse pratique, House (2015) leur offre l’opportunité de le faire. Cet auteur définit le concept comme « … doing the right thing in the special circumstances of performing the job » (p. 88). De plus, Schwartz et Sharpe (2010) offrent des critères qui permettent d’en établir la présence. La démarche actuelle a consisté à analyser le témoignage d’un policier d’expérience. Les résultats ont permis de bonifier notre compréhension du concept, tout en soulignant la contribution du Télos (valeurs morales) ainsi que de critères supplémentaires, tels que l’importance d’un temps de réflexion et la nécessité de compléter les informations lorsque cela s’avère nécessaire.

L’implication des parties prenantes dans la démarche évaluative : facteurs de succès et leçons à retenir

Auteurs :
Pages :
236-246

Les trois articles de cette section thématique abordent le rôle et la participation des parties prenantes dans la démarche évaluative selon des angles différents. Nous reprenons dans ce texte les points principaux des trois articles, afin d’identifier les facteurs de succès qu’on y retrouve et d’en tirer des leçons. Pour ce faire, nous nous inspirons des « Principes visant à guider les approches collaboratives en évaluation », identifiés par Shulha, Whitmore, Cousins, Gilbert et Al Hudib (2016).

Three Steps Toward Sustainability: Spreadsheets as a Data-Analysis System for Non-Profit Organizations

Auteurs :
Pages :
247-257

De nombreuses organisations à but non-lucratif font face à des obstacles en ce qui concerne la mise en place de systèmes de collecte et d’analyse de données pour offrir des informations pertinentes pour leurs bailleurs de fonds et parties prenantes. Le fait d’avoir une expertise limitée en évaluation, des contraintes de temps et financières sont des obstacles qui rendent impossible l’implantation de solutions viables. Dans un environnement de plus en plus concurrentiel, il est impératif que les organisations à but non-lucratif trouvent des moyens innovants pour monitorer leur travail en respectant leur capacité évaluative. Les évaluateurs disposent de divers moyens pour aider les organisations à but non-lucratif, même celles disposant de très minces ressources, à évaluer leur portée et à tirer le meilleur parti des données dont elles disposent. Le présent article propose une procédure en trois étapes pour l’élaboration d’un système de collecte et d’analyse des données faisant appel à des chiffriers. Non seulement il est possible d’implanter un tel système compte tenu des contraintes du secteur à but non lucratif, mais il apporterait beaucoup pour la pérennité des services.

Readiness in Evaluation: Three Prompts for Evaluators

Auteurs :
Pages :
258-267

La notion de préparation à l’évaluation est souvent tacite : il peut être caché dans la demande de propositions par un organisme subventionnaire appelant à une évaluation ; au mieux, il est indiqué dans l’offre du consultant gagnant. Nous sommes des praticiens engagés dans des évaluations pratiques axées sur l’apprentissage. Cependant, nous avons constaté que la mesure dans laquelle le client est prêt pour une évaluation collaborative axée sur l’utilisation (UFE) qui améliore l’apprentissage organisationnel est souvent prise pour acquis. Nous avons appris à aborder la préparation au début, car il s’agit d’une broche de lynchage qui forme toutes les étapes ultérieures du processus. Nous fournissons des exemples de notre pratique pour mettre en évidence trois dimensions de la préparation :: le pouvoir de concevoir, l’engagement à apprendre, et construire une culture d’évaluation.

One-Room School: The Summer Institute in Program Evaluation

Auteurs :
Pages :
268-278

Le présent article décrit le Summer Institute in Program Evaluation (programme de formation d’été en évaluation de programme) conçu et organisé en partenariat par des professeurs de l’Université du Manitoba, quatre organisations du secteur de la santé et des services sociaux, et un groupe d’étudiants universitaires. Il explique le modèle d’apprentissage, qui inclut l’élaboration de plans d’évaluation concrets pendant un cours intensif d’une semaine auquel participent des étudiants universitaires et des acteurs de la communauté. Nous identifions une série d’enseignements tirés de cette expérience.

Comptes rendus de livres : Chris Fox, Robert Grimm, and Rute Caldeira. (2017). An Introduction to Evaluation . Thousand Oaks, CA: SAGE.

Auteurs :
Pages :
279-286

Book Reviews / Comptes rendus de livres
Chris Fox, Robert Grimm, and Rute Caldeira. (2017). An Introduction to
Evaluation . Thousand Oaks, CA: SAGE. 305 pages.
(ISBN: 978-1-4739-0286-2)

Comptes rendus de livres : David Grembowski. (2016). The Practice of Health Program Evaluation. Thousand Oaks, CA: SAGE.

Auteurs :
Pages :
282-283

Book Reviews / Comptes rendus de livres
David Grembowski. (2016). The Practice of Health Program Evaluation.
Thousand Oaks, CA: SAGE. Paperback, 324 pages.
(ISBN: 978-1-4833-7637-0)

Comptes rendus de livres : Rosalind Eyben, Irene Guijt, Chris Roche, and Cathy Shutt. (2015). The Politics of Evidence and Results in International Development: Playing the Game to Change the Rules?

Auteurs :
Pages :
284-286

Book Reviews / Comptes rendus de livres
Rosalind Eyben, Irene Guijt, Chris Roche, and Cathy Shutt. (2015). The Politics of Evidence and Results in International Development: Playing the Game to Change the Rules?
Bourton on Dunsmore, England: Practical Action Publishing Ltd. Kindle Edition.
(ISBN: 978-1-78044-886-2)