Volume 32, 2017 - Numéro spécial

Editor's Remarks / Un mot du rédacteur

Auteurs :
Pages :
v-vii

Je suis honorée de vous adresser la parole pour la première fois comme rédactrice en chef de la Revue canadienne d’évaluation de programme (RCÉP). Je fais partie de l’équipe de la RCEP depuis plusieurs années; j’y ai déjà joué le rôle de rédactrice des comptes-rendus ainsi que celui de rédactrice associée. J’entreprends mes nouvelles tâches bien consciente des réalisations passées et remplie d’enthousiasme vis-à-vis de l’avenir. Je veux remercier Robert Schwartz pour son leadership des sept dernières années; son influence sur la qualité et la portée de la Revue se fera sentir encore des années durant. J’ai le privilège d’être accompagnée d’une équipe de rédaction hautement compétente et engagée, composée d’Emily Taylor, d’Astrid Brousselle, de Jill Chouinard et de Jane Whynot, quatre femmes ayant une grande expérience combinée dans les domaines de l’évaluation, de l’enseignement, du gouvernement et de l’expertise-conseil. Deux étudiantes bénévoles se sont récemment jointes à notre équipe, soit Hélène Lévesque et Michelle Naimi. Elles ont déjà fait des contributions d’une grande valeur. Nous sommes reconnaissantes de l’appui et des conseils des membres de notre conseil de rédaction, actuels ou nouveaux, qui se sont tous engagés cette année à contribuer à la Revue pour les trois prochaines années. Merci!

Linking Evaluation and Spending Reviews: Challenges and Prospects

Auteurs :
Pages :
297-304

The global financial crisis in 2008 was a significant watershed for governments everywhere. Diminished prospects for growth coupled with continuing demands for government interventions and chronic constraints on resources, prompted in part by the widespread adoption of variants of neo-liberalism (constrain resources to limit spending and shrink governments), have created fiscal environments where rationing expenditures among programs and policies is chronic and even acute.

The Role of Evaluation in Spending Review

Auteurs :
Pages :
305-315

L’objectif des exercices de révision budgétaire est d’identifier des moyens d’économiser afin que les gouvernements puissent soit trouver une disponibilité fiscale pour de nouvelles dépenses, soit réduire les dépenses globales. À cause de l’utilisation mondiale accrue d’exercices de révision budgétaire qui a suivi la crise financière de 2008, de nombreux gouvernements cherchent à institutionnaliser ces exercices de façon permanente dans le processus de préparation des budgets. L’efficacité des révisions budgétaires repose de façon critique sur la qualité de l’information – c’està- dire l’analyse des dépenses et les indicateurs de performance qui peuvent aider à trouver des sources potentielles d’économie. L’évaluation est une source importante d’information. Toutefois, pour que les évaluations informent les exercices de révision budgétaire nous devons d’abord réfléchir sur la façon dont les évaluations sont conçues, orientées et réalisées.

Linking Evaluation to Expenditure Reviews: Neither Realistic nor a Good Idea

Auteurs :
Pages :
316-326

On tient souvent pour acquis que l’évaluation devrait jouer un rôle important dans les décisions et les exercices de révision budgétaire. Ce rôle est rarement contesté et est souvent perçu comme l’un des objectifs de l’évaluation. Dans cet article, nous faisons l’argument inverse : l’évaluation n’est ni adaptée ni conçue pour jouer un tel rôle. S’il y a un besoin d’intégrer aux décisions budgétaires de l’information crédible sur la performance des interventions, alors nous devrons investir dans une autre forme d’évaluation, soit l’évaluation des dépenses, une fonction qui devra être séparée et distincte de l’évaluation institutionnalisée dans les Ministères.

Strategic Evaluation Utilization in the Canadian Federal Government

Auteurs :
Pages :
327-346

Cet article a pour but d’examiner l’utilisation des évaluations fédérales lors des exercices de révision budgétaire et de réaffectation des ressources financières au gouvernement fédéral. Notre étude de cas multiples comprenait à la fois une analyse de contenu qualitative de rapports d’évaluation publiés entre 2010 et 2013 ainsi que des entretiens semi-dirigés auprès d’évaluateurs et de gestionnaires de programmes. Nos résultats démontrent qu’en général, les évaluations n’ont pas servi à la prise de décisions stratégiques par la haute direction. Nous croyons que trois éléments sont en cause : a) les exigences de la Politique sur l’évaluation (2009) en vigueur pendant notre étude ; b) la portée des évaluations fédérales, qui ont tendance à évaluer un seul programme ; et c) la diffusion publique des rapports d’évaluation.

Expenditure Reviews and the Federal Experience: Program Evaluation and Its Contribution to Assurance Provision

Auteurs :
Pages :
347-370

Diverses formes d’imputabilité sont exigées des différents groupes de l’administration publique fédérale, dont la responsabilité financière. Les exercices de révision budgétaire sont une composante essentielle contribuant aux décisions du gouvernement fédéral en matière de gestion budgétaire et de dépenses. L’évaluation de programme a joué un rôle important à ce niveau, mais il se peut que le fédéral ait des attentes trop élevées concernant sa contribution. Il serait peut-être temps d’envisager d’enlever cette responsabilité à l’évaluation et de la rattacher à d’autres fonctions, ce qui lui permettrait de se concentrer sur ce qu’elle fait le mieux : contribuer à l’amélioration et l’efficacité des programmes. Cela signifierait aussi que la culture de l’évaluation évolue vers une culture d’apprentissage plutôt que vers la reddition de comptes.

Sunshine, Scrutiny, and Spending Review in Canada, Trudeau to Trudeau: From Program Evaluation and Policy to Commitment and Results

Auteurs :
Pages :
371-393

Cet article fait état du rôle de l’évaluation au Gouvernement du Canada depuis le milieu des années 1960. En particulier, il analyse le lien entre l’évaluation et les exercices de révision budgétaire, concluant qu’il y a peu de raisons d’attendre de l’évaluation qu’elle ait une influence directe sur les décisions du Cabinet. L’engagement renouvelé du nouveau gouvernement libéral à ce que les décisions soient fondées sur les données probantes ne changera probablement pas cette conclusion. L’introduction de la résultologie, comme une fonction en appui au Bureau du Conseil Privé, détourne l’attention de la conception des politiques vers l’implantation et l’exécution des programmes, en mettant l’accent sur l’innovation et l’adaptation. L’enjeu principal reste toutefois le même : réussir à améliorer l’accès public à l’information, et à être plus inclusif dans les processus décisionnels.

Regards sur l’expérience de la Commission de révision permanente des programmes au Québec

Auteurs :
Pages :
394-411

Cet article s’intéresse à l’expérience de la Commission de révision permanente des programmes (CRPP) au Québec. À partir d’une revue documentaire, nous y proposons : 1) une description de la CRPP en présentant le contexte entourant sa création, sa démarche, le contenu de ses rapports ainsi que ses recommandations; et 2) un portrait de l’influence de la CRPP en explorant la prise en considération de ses recommandations au sein des décisions gouvernementales. Les constats qui se dégagent de notre démarche nous mènent à conclure que les recommandations de la CRPP n’ont pas été appliquées telles quelles, mais qu’elles ont probablement eu une influence ou un rôle symbolique au niveau des récentes coupes budgétaires entreprises par le gouvernement. Elles semblent également liées à l’institutionnalisation d’un nouveau mécanisme permanent de révision. En guise de discussion, nous soulevons différents questionnements, notamment la nature des travaux de la CRPP et l’arrimage entre les exercices de révision et la fonction évaluative au sein de l’appareil gouvernemental.