Pour les autres sociétés professionnelles

Que pouvez-vous retenir de l'expérience de la SCÉ?

Le titre d'ÉA montre que le titulaire possède le niveau de scolarité et l'expérience nécessaires à l'exercice de sa compétence. Au cours de l'élaboration du Programme des titres professionnels, la SCÉ a adopté une liste de 49 compétences essentielles qui reflètent les normes que doivent atteindre les évaluateurs de programme en ce qui concerne leurs antécédents, connaissances, aptitudes et dispositions, de manière à réaliser de solides évaluations. Ces compétences se répartissent en cinq volets : volet professionnel, volet opérationnel, volet contextuel, volet de la gestion de la démarche et volet des relations interpersonnelles. La SCÉ a mis au point un référentiel détaillé de chaque compétence professionnelle requise pour l'exercice de l'évaluation. Un ÉA a montré, d'après son expérience professionnelle et son niveau de scolarité, qu'il maîtrise au moins 70 % des compétences dans chacun des cinq volets. L'accréditation d'un évaluateur par la SCÉ repose sur le principe selon lequel scolarité et expérience sont toutes deux nécessaires pour qu'un évaluateur atteigne un niveau minimum de compétence.

Le titre d'ÉA est le seul titre professionnel qui identifie les évaluateurs professionnels. L'accréditation met fin à un problème de longue date dû au champ libre laissé au domaine de l'évaluation. Puisque rien n'empêche qui que ce soit de se déclarer évaluateur, il était devenu difficile pour les évaluateurs voués au respect de normes éthiques et professionnelles de se distinguer et, pour les utilisateurs des services d'évaluation, d'avoir recours à un référentiel leur permettant de se faire une idée juste des évaluateurs qu'ils souhaitaient embaucher ou dont ils voulaient retenir les services. Le programme d'accréditation comble cette lacune et fait en sorte que le titre d'ÉA est le seul qui identifie les évaluateurs professionnels.

Le PTP repose sur une solide base conceptuelle. Au moment d'élaborer le titre d'ÉA au Canada, la recherche initiale a porté sur les titres professionnels, en général, et leur utilisation afin de reconnaître, de définir et de gérer le travail accompli au sein d'une profession. Lors de consultations approfondies, on a d'abord débattu les mérites, les avantages et les embûches liés à la reconnaissance professionnelle ou à l'absence d'une accréditation, avant de procéder à l'élaboration du titre. Le titre d'ÉA repose sur trois piliers : le comportement de l'évaluateur (le code de déontologie), le produit que constitue l'évaluation (les normes) ainsi que les habiletés, connaissances et aptitudes de l'évaluateur (les compétences), ce qui constitue le fondement du titre. Les critères imposés à un ÉA (expérience professionnelle, niveau de scolarité et maîtrise confirmée de 70 % des compétences) ont été établis en tenant compte des approches employées pour d'autres professions, de manière à assurer l'accessibilité à la profession tout en fixant un minimum de conditions pour que le travail d'évaluation soit jugé compétent. Il s'agit pour la SCÉ d'un point de départ, d'un programme facultatif et de l'offre à ses membres d'un service appelé à prendre de l'expansion et de la maturité – et qui pourrait déboucher sur un processus d'accréditation plus rigoureux au fur et à mesure de l'évolution de notre collectivité et de son environnement.

Le PTP s'adapte aux exigences nationales ou régionales. En mettant au point l'accréditation des professionnels de l'évaluation au Canada, la SCÉ était consciente des interdépendances qui existent dans notre discipline à l'échelle mondiale. Nous avons dressé des tableaux de concordance et de comparaison des compétences et des divers codes de déontologie en vigueur ici et là au moment de mettre au point le modèle canadien. La collectivité internationale de l'évaluation évolue à un rythme différent dans de nombreuses régions du monde, parfois pressée de plus en plus de définir ce qu'est une pratique exemplaire de notre travail. Bien que les principes et fondements du Programme des titres professionnels soient le reflet de la réalité canadienne, d'autres sociétés professionnelles pourraient les adapter à leur propre environnement.

Le PTP a réussi parce que le milieu professionnel était prêt. La mise au point et l'adoption (par la SCÉ) du Programme des titres professionnels et du titre d'ÉA ont eu lieu en raison de facteurs convergents qui en ont permis l'évolution. Aux yeux de certains, l'évaluation était menacée par le recours à des audits favorisant l'optimisation des ressources et, de façon générale, par le profil et l'existence même de la fonction d'audit. En même temps, la recherche révélait une baisse de qualité menant à une utilisation et à une utilité moins qu'optimales de certaines évaluations. Faisaient contrepoids à ces pressions négatives la maturité et le professionnalisme croissants dans les rangs de la collectivité canadienne de l'évaluation. La consultation des producteurs et des utilisateurs canadiens d'évaluations a également indiqué la soif d'un mécanisme qui aiderait à identifier les évaluateurs compétents. Sous-jacent au PTP et comme en témoignent les objectifs du projet, il y avait aussi le souhait d'en arriver à un consensus afin d'établir les paramètres de ce qu'est un évaluateur; de savoir comment un évaluateur se différencie des membres d'autres professions et ce qui constitue une bonne évaluation.